Lundi 24 avril 2006, j’ai zappé devant la TV et je suis arrivée sur le film documentaire de Hubert Sauper : « Le cauchemar de Darwin ».   (http://www.1001productions.net/LM/DAR/Darwin%20frs.html#syn ) 

perchepied2ptJe suis arrivée au moment où le film montrait la piste d’atterrissage de Mwanza (Tanzanie) jonchée de carcasses d’avions (fait plus ou moins courant en Afrique. Le continent figé où ce qui arrive reste là « eternam vitam ») de part et d’autre alors qu’un africain en faisait l’inventaire, amusé à chaque fois de la bonne histoire qu’il pouvait raconter.  Et le contrôleur aérien résumait la situation en disant que la radio était souvent en panne et dès lors pour le « clear to land » il fallait recourir aux signaux visuels.(chapeau aux pilotes !).

Excellent documentaire qui porte bien son message (4 ans de tournage incognito autour du lac Victoria). La perche du Nil introduite artificiellement (à fin d’études scientifiques ?) a décimé les autres espèces de poissons et pullule par tonnes. Elle est donc exploitée et 500 tonnes par jour sont exportées vers l’Union Européenne par des avions cargo russes. Ces avions venant à vide ?  (ou transportant des armes pour la guérilla autour des Grands Lacs ?   Ou de l’aide humanitaire,….). Pour la population nous dit le documentaire, plus de poisson (puisqu’il est exporté) mais rien que les carcasses et la tête qui sont jetés hors de l’usine comme détritus.  Les détritus sont enlevés par camions et amenés vers des zones délabrées pour être pendus et desséchés au soleil.  Et instant frappant : le gros plan sur les pieds d’une africaine qui ramasse pour nourriture, les « détritus » envahis par….les vers.

Ce film est bien sûr fort en images et bien monté. Mais en voulant me documenter sur le net, je trouve une mise en doute de son "honnêteté" et je vous fait un copier/coller :

Selon François Garçon,  http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cauchemar_de_Darwin :

  • Or, selon Garçon, « 74 % de ce qui est pêché dans le lac Victoria n'est pas exporté, et 40 % de ce total sera consommé sur place ».

  • Aussi, les extraits des militaires noirs et des armes importées dans les caisses dateraient d'octobre-décembre 1997.

  • Enfin, le film montre Mwanza comme une petite ville pourrissante. Or il s'agit de la deuxième plus grosse agglomération urbaine de Tanzanie. « Exit les contrastes sociaux intra-africains, la bourgeoise locale industrieuse, le grand parc d'automobiles, les immeubles modernes, tous signes de modernité industrielle qui contrarient la thèse ultramisérabiliste d'une Afrique scotchée au malheur, cliché conforme il est vrai à l'attente du spectateur occidental.

Bien que le film soit d’un impact certain, il faut donc rester sur ses gardes.  Mais il faut savoir aussi que l’utilisation de la perche du Nil est et a été étudiée pour d’autres parties du monde, comme l’Australie par exemple, qui l’a refusée bien évidemment vu les dégâts du lac Victoria.

On ne peut rester indifférent à ce film en tout cas.  Et le plus grand des messages qu’il fait passer, c’est l’homme livré à lui-même et son incapacité à s’autogérer (qu’il soit blanc, noir, jaune ou rouge…).  Et son incapacité aussi à gérer tout équilibre naturel rompu. (justement citons la mer d’Aral devenue un désert – et donc, le lac Victoria en sursis ?).

Alors, « en toute impunité », ….encore pendant combien de temps ?

Mais de toute façon, tôt ou tard, la nature aura bien entendu le mot de la fin même s’il ne nous convient pas.